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Juin 03

La FSU reçue par la conseillère du ministre, Isabelle Bourhis

1er juin 2017, le ministre J-M. Blanquer en visite à l’ESEN… La FSU a été reçue en audience par I. Bourhis, membre de son cabinet.

Les représentants de la FSU ont été reçus en audience par Mme Bourhis, conseillère sociale du ministre de l’éducation nationale, accompagnée de M. Blugeon, directeur de cabinet de la rectrice. L’entretien d’une heure a été serein et l’écoute attentive mais les réponses ne sont pas décisives ! Trois syndicats nationaux étaient présents (SNUIPP-FSU, SNES-FSU, SNUPDEN-FSU) et nous avons pu aborder des questions traitant de tous les personnels de l’éducation nationale : enseignants, CPE, personnels de direction, agents administratifs, psychologues, assistants sociaux, médecins et infirmiers. Evidemment, en une heure, tous les problèmes des personnels et des services de l’académie n’ont pas pu être abordés mais les spécificités de l’académie de Poitiers ont été mises en lumière. Nous avons bien sûr aussi demandé sous quelles conditions les « nouveautés » annoncées par le ministre pour la rentrée pourraient être mises en œuvre.

 

  • Premier degré : Nous avons demandé comment les classes de CP à 12 élèves pouvaient être effectives en REP+ à la rentrée, alors que le mouvement des personnels est déjà en cours. Il nous a été répondu que cela allait mobiliser 20 ETP pris d’abord sur les « réserves » départementales, puis sur les remplacements et en dernier recours sur le dispositif « plus de maitres que de classes ». Mais à terme, il est clair que ce dispositif va disparaitre au profit des classes à 12 en CP, puis CE1, exclusivement en REP+. Tant pis pour les autres qui, même en REP, risquent de souffrir d’effectifs à 28 ou 30… Concernant les rythmes scolaires, la situation n’est pas très précise : les modifications devraient être « à la marge ». La décision sera prise par le DASEN, après proposition du maire et accord de la majorité des conseils d’école de la commune. Il y a peu d’espoir pour que le système des « mercredis libérés » qui fonctionnait bien dans la Vienne soit rétabli. Mme Bourhis s’est toutefois engagée à poser la question.

  • Collège : Un décret « d’assouplissement » de la réforme du collège doit être prochainement publié. Il permettra de remplacer tout ou partie des EPI par de l’AP, de rouvrir les bilangues et d’augmenter le volume d’enseignement des langues anciennes (3h par semaine en 4ème et 3ème). Tout cela dans le cadre de l’autonomie de l’établissement et sans moyen supplémentaire sauf rares exceptions… Comment cela est-il concrètement possible d’ici le 1er septembre ? Pas de réponse précise à cette question ! Nous avons souligné combien ces modifications étaient particulièrement délicates à réaliser dans les « petits » collèges, qui sont nombreux dans l’académie. En effet, la marge de 3h par classe est tout à fait insuffisante pour rouvrir une bilangue, par exemple. Aucune réponse à cette remarque, sauf à dire qu’effectivement tous les élèves, quel que soit leur lieu d’habitation, ont droit à un enseignement de qualité… un vœu pieux ?

  • Lycée : Que deviendront, à la rentrée 2018, les 6 ETP qui ont été donnés aux lycées qui reçoivent des publics « fragiles », sous condition de projets ? Ces projets, mis en œuvre à la rentrée 2017, pourront-ils être poursuivis et améliorés ou mourront-ils de leur belle mort dès l’année suivante ? Mme Bourhis n’avait pas connaissance de ce dispositif, pourtant national. Elle s’est engagée à s’informer pour pouvoir nous répondre…

  • Autonomie des établissements : On le sait, l’autonomie et le « droit » à l’expérimentation sont fortement portés par le ministre qui les avait déjà promus quand il était directeur de la DGESCO. Représentants du SNES comme du SNUPDEN, nous avons dit tout le mal que nous pensons d’une autonomie qui viendrait « détricoter » le cadre national, seul capable d’assurer une égalité sur le territoire. Plus nombreux sont les « choix » à faire dans l’établissement, sur les horaires, les contenus d’enseignement, les dispositifs divers… plus la pression qui s’exerce sur les personnels est grande et stressante. La concurrence entre établissements en est accrue et les personnels de direction ne parviennent plus à assurer toutes les charges qui leur incombent. Le SNUPDEN s’oppose fermement au recrutement des enseignants par le chef d’établissement : ce n’est pas leur métier et cela augmenterait encore les inégalités entre établissements, qui du fait de leur localisation ou de leur réputation n’ont pas la même attractivité. Les réponses ont été embarrassées et peu précises : la conseillère du ministre n’a pas voulu nous inquiéter. Selon elle, le recrutement par le chef d’établissement ne serait pas dans les projets (immédiats?) du ministre…

  • Ruralité : Les mesures prises dernièrement par le rectorat aggravent l’isolement des zones rurales de notre académie : cartes cibles des CIO et des agences comptables qui ont pour conséquences de fermer des services dans le nord Deux-Sèvres ou dans le centre de l’académie. Or les populations de ces communes rurales souffrent souvent de pauvreté et d’un manque d’offres culturelles. Nous avons souligné l’insuffisance des postes d’assistants sociaux, d’infirmiers et médecins scolaires. Aucune réponse ne nous a été donnée sur cette problématique de la ruralité pourtant cruciale dans notre académie.

  • Santé des personnels : L’empilement des réformes et le renforcement de l’autonomie des établissements épuisent et fragilisent les personnels, toutes catégories confondues. Les propositions des CHSCT pour travailler à la prévention des risques et de la souffrance au travail ne sont pas assez entendues et il faut toujours attendre que les personnels soient en grande difficulté ou arrêtés pour maladie pour que des mesures soient prises. Nous avons insisté sur le danger d’un tel fonctionnement : 770 000€ sont actuellement dépensés par an pour cause d’accidents de travail, de longue maladie, de conséquences de souffrance au travail, l’équivalent du budget formation ! En plus, seul 1 des 5 postes de médecins de prévention du rectorat est actuellement pourvu ! Si cette question du manque de médecins de prévention semble être prise en compte par le ministère qui se met en contact avec le ministère de la santé pour trouver des solutions, nous n’avons pas obtenu de réponse sur les liens entre une autonomie accrue et la souffrance au travail. Nous n’avons pas beaucoup d’espoir que l’on rompe rapidement avec les incohérences actuelles du fonctionnement du système éducatif qui empile les « dispositifs », fabrique des « usines à gaz », fait pression sur des personnels déjà épuisés ni que les CHSCT puissent être mieux entendus quand ils parlent de prévention.

Un entretien détendu, donc, une impression d’écoute mais bien peu d’annonces précises sur les projets ministériels et sur leur faisabilité. La volonté de « faire vite » n’est pas forcément un gage d’efficacité, surtout quand on se place dans un contexte de budget constant et contraint !

Magali Espinasse (SNES-FSU), Alain Héraud (SNES-FSU), William Faugeroux (SNUIPP-FSU), Philippe Beuchot (SNUPDEN-FSU).

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