« L’état est le plus mauvais des employeurs », on le dit souvent ; notre collègue contractuelle en a fait, comme bien d’autres l’amère expérience. Temps partiel imposé, déplacements qu’on peine à se faire rembourser, pressions de toutes sortes, et bien évidemment, salaire de misère… tout cela l’a contrainte à renoncer à un autre CDD. Elle en a écrit les raisons dans ce courrier envoyé au rectorat. Nous la remercions de nous autoriser à le publier.

 

Madame bonsoir,

Par la présente (sans réception de renouvellement de contrat de votre part alors que le mien se terminait aujourd’hui) je vous fais donc part de ma décision d’arrêter là ma mission au sein de l’Education Nationale.

N’ayant pas eu depuis la rentrée de poste à plein temps, je me vois forcée à ce jour, de faire autre chose.

Les conditions proposées ne sont pas justes, qui peut vivre et subvenir aux besoins d’une famille avec un tel salaire…j’ai épuisé toutes mes économies, tenant bon et espérant du fond du coeur depuis le début une mission qui me permettrait d’enseigner pleinement l’anglais, en vain.

Je vais donc me consacrer à l’obtention du capes afin de sortir de cette précarité qui n’est pas justifiée quand on vous demande une licence pour enseigner et devenir contractuelle !!!

Je quitte une équipe enseignante extra, des élèves qui ne comprennent pas et moi encore moins.

Vraiment attristée et peinée des conditions inhumaines proposées, la seule reconnaissance que j’ai finalement en tant que contractuelle est celle de mes élèves. C’est une satisfaction certes, mais elle ne va pas payer mes factures.

J’espère que vous comprendrez les propos de cette lettre, n’y voyez surtout rien de personnel, juste un ressenti par rapport à un système français qui montre de sérieuses lacunes côté humain.

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