Mise à jour :

Les aménagements annoncés par le ministre Blanquer récemment n’ont pas satisfait nos élèves qui se mobilisent depuis quelques jours :  après le Lisa à Angoulême- premier établissement à être entré dans la résistance au niveau académique- des blocages s’organisent ici ou là.
Nos élèves
 se scandalisent de l’impréparation du Grand oral. Comment pourrait-il en être autrement quand on sait que le Ministère en est encore à rédiger un guide à destination des examinateurs du Grand oral ? quand on sait que la fiche descriptive des questions n’est toujours pas prête !??
Ils se scandalisent aussi des conditions faites aux bacs professionnels etc… Chacun.e son lot d’injustices, d’injures subies dans ce contexte odieux !
Même la Rectrice n’aura pas réussi à les convaincre de davantage de « persévérance », malgré les accents « bienveillants » de sa vidéo ! Il aurait fallu davantage d’huile dans le moteur : « vous êtes le moteur de votre vie ! » a-t-elle lancé  en effet !

Nous sommes beaucoup à penser avec effroi que si Blanquer ne devait garder qu’une épreuve, ce serait celle là : le grand oral, paradigme d’ une réforme inégalitaire qui s’attaque autant aux enseignements qu’à l’examen; réforme mise en oeuvre dans l’impréparation la plus scandaleuse qui soit , sans même tenir compte ici de la crise sanitaire. Rectrice et Ministre semblent s’agiter autour de la question ces derniers jours ! Affairisme bien tardif et stérile si on en juge à l’état de stress des équipes…

Si , autour de ce grand oral, des actions de formation ont eu lieu, beaucoup de collègues en ont été exclus; force est de constater aussi que la cohérence n’est pas la vertu première de ces formations. Ce qui met les enseignants en charge de préparer leurs élèves à cet oral dans des conditions particulièrement inconfortables ( le terme est faible) !

Et pourtant la « littérature » abonde au sujet de cette épreuve au coefficient conséquent ( 10 pour la voie Générale, 14 pour la voie Technologique !) y compris des vidéos sur le Facebook du ministère! Difficile d’y voir clair pourtant: périmètre des questions présentées par l’élève ? support ou pas support ? Document de la préparation à remettre ou non ? Statut de la troisième partie qui pourrait même être regardée comme « une cérémonie d’adieu au secondaire! » A quand le jet de chapeaux ?!

Une opération de com qui fait FLOP !

Lundi 26 avril, tous les élèves de Terminale (générale et Technologique) d’un lycée du sud de l’Académie, ainsi que tous les enseignants qui les encadrent, ont reçu un mel de la part du Proviseur, les invitant à participer à une réunion sur Zoom (RGPD, ça vous dit quelque chose ?) pour un temps d’information et d’échange avec les IPR, sur la préparation du Grand Oral du Baccalauréat. Précisons que l’information avait été donnée largement en amont puisque la réunion se tenait… le lendemain de 13 h à 14 h 30.

Renseignements pris, il ne fallait pas trop se plaindre car- c’est une constante de la Réforme des Lycées- les modalités (jours, destinataires, etc) de diffusion du lien de connexion ont été différentes suivant les lycées. Vous l’aurez compris, TOUS les élèves de l’Académie étaient conviés à cette petite sauterie à distance. Certains lycées ont reçu le lien un peu tardivement (« 30 minutes avant, c’est chaud », disaient les élèves concernés) quand d’autres attendent encore le message!

Dans certains établissements, les représentants-élèves (au CA et/ou CVL) ont été les seuls à pouvoir se connecter alors que dans d’autres lycées, tous les élèves avaient reçu le lien de connexion. Parfois, les seuls professeurs principaux ou « professeurs-référents » (nouvelle appellation dont personne ne connaît leurs missions réelles mais eux non plus, ne vous en faites pas !) étaient au courant; ailleurs tous les enseignants (même ceux qui n’avaient pas de terminales), ailleurs encore, aucun enseignant !

Témoignages édifiants !

Laissons la parole aux « participants », un enseignant (Nico), une parente d’élève (Cléo) et un élève (Flo) qui ont assisté ou non, à ce triste FLOP !

Nico : « J’ai réussi à me connecter. Coup de bol, la session Zoom était limitée à 100 connexions ! Je suis tombé dans une salle annexe de zoom, avec … que des élèves mais pas d’administrateur. A un moment, des élèves élus de leur CVL, ont pris la main en tant qu’administrateurs (merci Pix !), ont « dégagé » la moitié des élèves présents dans la salle pour permettre à l’administrateur de revenir mais il n’est jamais revenu ! Félicitons, tout de même, ces élèves qui ont très bien géré la visio, en tout cas mieux que les fameux IPR annoncés… élèves qui ont posé de très nombreuses questions, montrant ainsi leur stress en lien avec le manque de préparation et surtout l’absence de réponses à leurs questions, à quelques semaines du GOR. »

Cléo : « Je suis parent d’élève et je n’ai aucune information sur le déroulement de l’épreuve du Grand Oral. Je n’ai donc pas la possibilité de guider mon enfant dans sa préparation ni de possibilité de le rassurer en répondant à toutes les questions qu’il se pose sur ce grand oral (Quels sont les attendus ? Doit-il traiter les deux spécialités ? Une seule ? Doit-il préparer un support ? Quels sont les critères d’évaluation ?) A deux mois de l’épreuve, c’est une situation inquiétante qui se présente en plus des nombreuses adaptions dont ont dû faire preuve nos enfants avec la crise sanitaire. Comment se fait-il qu’au sujet d’une épreuve qui, pourtant, est censée se préparer sur l’année scolaire, nous n’ayons aucune information à échéance de deux mois ? Mon enfant pensait obtenir des réponses lors de la réunion qui se déroulait en visio mardi et dont il a eu connaissance la veille. Il est très déçu car il n’a pas pu se connecter et n’a toujours pas de compte-rendu donc toujours pas de réponses… »

Flo : « Nous avons beaucoup de questions pour le Grand Oral. En effet, l’épreuve est encore très floue et on ne sait toujours pas les conditions ni même ce qui nous attend. On nous demande de le travailler mais on ne dispose des informations que par petites touches. La réunion de mardi était donc un moyen pour nous de disposer d’informations et de poser nos questions pour éclaircir cette épreuve qui va tout de même compter pour 10% de la note finale. Tout le monde attendait cette séance mais lorsqu’on a essayé de se connecter, même à l’heure, on ne pouvait plus entrer. On pensait alors avoir des problèmes personnels de connexion, mais quand on a demandé à nos amis de nous faire un compte rendu, on s’est rendu compte qu’on était tous « dans le même bateau ». On a appris très tardivement qu’une jauge avait été instaurée. Jauge faible car en ce qui concerne mon lycée, tout le monde avait été prévenu et étant plus de 100, on devait déjà dépasser de très loin la jauge. On nous a ensuite envoyé un mail pour nous dire que la réunion était enregistrée et qu’on pourrait la regarder pour avoir des réponses, mais on l’attend toujours… Un camarade a pu y entrer mais il n’a pu y rester que quelques instants.

On avait beaucoup d’attentes pour cette conférence et celles-ci n’ont pas pu être comblées du fait d’une jauge trop faible et du nombre de personnes qui voulaient y participer (il n’y a pas que 100 personnes qui passent le grand oral dans l’académie!). L’enregistrement nous a redonné espoir, encore une fois déçu par le fait qu’on ne le reçoive pas. »

Cette anecdote serait comique si elle n’était pas symptomatique :

– du manque de moyens (c’est sûr que Zoom est gratuit pour 100 connexions pendant 40 minutes …)

– du manque d’anticipation (il fallait se douter qu’il y avait plus de 100 terminales dans l’Académie)

– de l’amateurisme (heureusement que les enseignants ne fonctionnent pas de cette façon-là) et surtout

– du mépris affiché pour les élèves, repartis écœurés et encore plus angoissés (notamment les élèves des sections technologiques) : pour la plupart , car ils n’ont pas réussi à se connecter, pour quelques uns, car ils n’ont eu aucune réponse à leurs questions,

– du manque de considération de l’Institution envers tous les collègues, qui essaient de préparer les élèves à une épreuve aux contours toujours aussi flous.

Au fait, on leur a promis qu’ils auraient une vidéo … bientôt. Fin du Zoom !

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