Situation générale : Le gouvernement poursuit sa politique destructrice et provocatrice, nous vivons certainement un des moments les plus durs depuis la Libération. Le budget 2010 est catastrophique et révèle une fois de plus la volonté du gouvernement de faire « des économies » : la suppression de 37 000 postes de fonctionnaires en 2010 représente pourtant à peine l’équivalent du quart de l’exonération de TVA des restaurateurs et n’est rien comparé aux allègements fiscaux sur les plus-values des 6200 entreprises qui ne verseront pas les 20,5 milliards d’euros à l’Etat sur deux ans ! La loi de financement de la sécurité sociale marque également la volonté de faire payer toujours plus les salariés (augmentation du forfait hospitalier, imposition des indemnités d’accidents du travail…) tout en augmentant le contrôle des assurés considérés a priori comme responsables d’un déficit qu’on laisse en réalité augmenter. En ce qui concerne les jeunes, le plan d’aide sorti à grand renfort médiatique ne concerne en fait que peu d’entre eux et pour un montant dérisoire, alors que 100 000 vivent sous le seuil de pauvreté et que 420 000 jeunes chômeurs de moins de 25 ans se retrouvent sans aucun minimum social. Ce plan a été en outre l’occasion de porter un coup fatal au service d’orientation scolaire et à remettre sur le tapis l’apprentissage junior. Dans d’autres domaines encore, les provocations se multiplient : poursuite de privatisation de la Poste, réforme des collectivités territoriales… autant de mesures, et bien d’autres, qui ont pour but de dégrader le tissu social, casser les solidarités et mettent à mal la démocratie. En France, depuis des mois est organisée la chasse aux sans papiers, depuis des mois des hommes, des femmes et des enfants sont envoyés vers leur « pays d’origine » que certains ne connaissent même pas et d’autres connaissent malheureusement trop. Nous savons tous qu’ils risquent parfois la mort. C’est intolérable, ça l’est partout mais encore plus dans notre pays. Un débat a été lancé dans le pays par le ministre de l’identité nationale. On ne parle d’identité nationale que pour l’opposer à immigration, on en parle l’associant à une prétendue « fierté d’être Français » et chacun sent bien qu’il s’agit surtout de défendre avec acharnement : « je ne suis pas l’autre ». C’est une entreprise à la fois électoraliste et xénophobe. L’actualité c’est aussi la souffrance au travail. Aujourd’hui des salariés se suicident parce qu’ils sont sous pression. Parce que la stratégie du MEDEF et des libéraux est à l’œuvre. Les techniques managériales font plus que de dégâts, elles tuent…C’est souvent la même logique : on divise, on joue l’un contre « l’autre » pour faire accepter les régressions sociales. Là encore on encourage la « peur de l’autre ». On le fait pour casser les résistances collectives, y compris par la répression contre les syndicalistes qui se multiplient.
Mais toutes les résistances ne sont pas cassées, loin de là. Il est des batailles collectives qui déstabilisent largement ces gouvernants. La grande mobilisation contre le changement de statut de la poste dont nous avons débattu lors de la dernière CA en est un exemple. Les 2,1 millions de signatures contre la privatisation ont pesé et pèseront dans la balance. Fonction publique et éducation : Dans la fonction publique, comme dans notre secteur de l’éducation, les provocations ne manquent pas non plus : mesures de revalorisation proposées par le ministère absolument ridicules et révoltantes, poursuite des réformes de la formation des maitres et du lycée pourtant majoritairement rejetées, loi Carle, suppressions de postes, renforcement de l’autonomie, mise en péril des missions des COP, etc… Certes, les actions qui ont fortement mobilisé l’année dernière ont forcé le gouvernement à reculer et à renoncer à l’ampleur des réformes prévues mais le danger d’une refonte du système éducatif allant dans le sens de plus de privatisation et de moins de démocratisation est loin d’être écarté. Aujourd’hui pour le mouvement syndical le problème est simple à comprendre mais plus difficile à résoudre. Le rapport de force peut toujours faire plier le gouvernement mais… Il faut le hisser à des niveaux beaucoup plus hauts que nous n’en avions jusqu’alors l’habitude. Il est aujourd’hui de la responsabilité des organisations syndicales de travailler sans attendre à construire ce rapport de force. Si nous sentons bien le mécontentement qui monte dans le pays nous n’avons pas encore réussi à faire en sorte qu’il débouche sur une mobilisation à la hauteur de cette nécessité. C’est vrai dans tous les domaines, dans tous les secteurs. au niveau de la fonction publique comme de l’éducation ou du second degré, la difficulté à mobiliser existe aussi pour ce qui nous concerne. Face à cette situation quel est l’état du front syndical ? Il peine à se construire même si la FSU prend ses responsabilités. Nul doute que cette grève à l’appel de la FSU rejointe par CGT educ’action et SUD éducation sera observée à la loupe. Il faut parvenir à mobiliser pour le 24 mais certainement pas seulement le 24, car il est, dans le contexte actuel, absolument nécessaire de « hisser le rapport de force à la hauteur des enjeux ». Alors il s’agit de répondre à une question : comment faire pour mobiliser davantage et dans la durée ? Les attaques sont telles qu’il pourrait paraître suffisant d’informer et de proposer la mobilisation. Ce n’est malheureusement pas le cas. Localement, nous avons alerté sur le manque d’enseignants titulaires, sur la situation catastrophique des non titulaires enseignants et non enseignants, sur les remplacements qui ne seront pas assurés. Des actions ont été impulsées : pétition et motion contre la circulaire sur les stages responsabilité étudiants, campagne collège, opération vérité sur les heures d’enseignement non effectuées faute d’enseignants. D’autres sujets importants nécessitent encore que nous nous mobilisions : formation des maitres, réforme du lycée, restructuration du système éducatif, mise en cause du paritarisme, pression des techniques de management sur l’ensemble des personnels, sans oublier le sujet qui s’annonce : redéfinition des métiers de l’éducation dans le cadre de la prétendue revalorisation. En ce qui concerne la réforme de la formation des maitres notamment, le SNES doit œuvrer avec le SNEP, le SNUEP, le SNUIPP et le SNESUP pour parvenir enfin à une position commune qui tienne compte de la nécessité d’élévation du niveau de qualification, reconnue par tous ces syndicats de la FSU, et des différents mandats de ces syndicats en matière de formation des maitres. Toutes les réformes mises en œuvre, annoncées ou à venir forment un tout cohérent. Au SNES, aux niveaux national et académique, de dénoncer cette logique destructrice, dans tous les S1, de façon à construire la mobilisation nécessaire pour mettre un coup d’arrêt à ces attaques. Le congrès de la FSU doit être l’occasion de ce travail. Pour le second degré, le recrutement après le M2 doit obligatoirement s’accompagner d’une augmentation des bourses et de prérecrutements. Nous exigeons le retrait du projet actuel de réforme de formation des maitres. Le rôle des S1 est primordial mais c’est aussi, pour les S1, localement, de plus en plus difficile. Une des raisons nous semble être la baisse de la syndicalisation. Le SNES, comme les autres syndicats d’ailleurs, est depuis plusieurs années confronté à ce phénomène, nous perdons autour de 4% d’adhérents par an. Cette tendance s’est confirmée en ce début d’année, la situation est inquiétante. Force est de constater que les nouveaux recrutés se syndiquent de moins en moins et que les stagiaires manifestent même une angoisse à l’idée que leurs tuteurs, formateurs et inspecteurs sachent qu’ils sont syndiqués. Ce phénomène par son ampleur est nouveau et nous devons trouver le moyen de le combattre. L’organisation éclatée de l’IUFM rend difficile le contact avec les stagiaires qui sont dispersés dans de multiples lieux pour les journées de formations. C’est donc dans leur établissement d’affectation et par les collègues des S1 (encore eux) que peut se faire le contact. la baisse de la syndicalisation participe à rendre plus difficile l’action des S1 et donc la mobilisation mais… c’est aussi dans les S1 que se joue une part importante de la syndicalisation. Il nous faut donc en quelque sorte résoudre la quadrature du cercle, cela ne se fera pas sans un certain volontarisme, nous devons tous y prendre notre part, du S1 au S4. Une campagne dans ce sens doit être organisée avec la participation des S2 et S3, campagne qui ne peut être décrochée de celle de l’action en général, de la campagne collège et de celle que nous mènerons pour les élections professionnelles. A Poitiers, le mois d’octobre a montré, à la suite de la manifestation contre les prisons et les violences pratiquées par une minorité venant souvent d’ailleurs que ce gouvernement faisait de la répression du mouvement social une priorité. Les jeunes incarcérés, puis libérés, sont encore en attente d’un procès en appel. Un des manifestants arrêtés Patrick Dubreucq, , qui plaide son innocence, est pourtant resté incarcéré, seulement parce qu’il est socialement défavorisé. La CA exige sa libération et la relaxe de tous les inculpés du 10 octobre. Elle appelle à participer au rassemblement du 28 novembre. La CA académique demande à la CAN de prendre position. Action : La CA appelle à participer à la grève et aux manifestations du 24 novembre pour faire de cette journée un succès, y compris en convergence avec les postiers en grève le même jour.
Elle appelle les collègues à se réunir pour envisager les suites de l’action, qui devra nécessairement s’amplifier. Elle mandate les SD FSU pour l’organisation d’AG départementales le 24.
Elle renouvelle sa proposition d’une semaine d’action fonction publique, qui dans un premier temps pourrait être une première étape dans l’amplification du mouvement. Vote : POUR : 30 ; CONTRE : 0 ; Abst : 1 ; NNPV : 0

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