Les considérations sanitaires, par leur urgence, pourraient nous faire oublier la nécessité aussi de penser la question pédagogique pour les quelques semaines de cours avant les vacances et bien au-delà. Car la reprise en  septembre ne pourra pas se faire comme si rien ne s’était passé !

Déjà nous sommes nombreux à nous interroger sur ce que nous devons continuer d’apprendre à nos élèves dans ce contexte tout à fait particulier. Quel sens cela aurait-il par exemple de poursuivre, tête baissée, la déclinaison académique des programmes dans les classes d’examen quand cet examen est déjà délivré en somme, sur la base du contrôle continu ?

Nos métiers ont été profondément bouleversés par ce confinement et nous avons tenté, non pas d’assurer la continuité pédagogique comme notre ministre aime à le dire : nous avons veillé à ne pas accentuer la fracture pédagogique.

A cet égard, il est bon de reprendre la lecture de cet article du secteur « métiers » du SNES qui pointe bien les difficultés https://www.snes.edu/Confinement-et-travail-a-distance.html

Dans l’immédiat :

  • le SNES continue de demander la suppression pour cette année des oraux de français en classe de Première.
  • Le Snes exige qu’une réflexion avec les collègues (dans le cadre du conseil pédagogique par exemple) soit menée dans les établissements pour cadrer les conditions matérielles et pédagogiques de retour en classe. D’ores et déjà, il faut exiger :

– pas de cumul présentiel-distanciel pour les classes et niveaux qui auraient repris. Quelles que soient les modalités de reprise, le Snes rappelle son exigence du respect des obligations réglementaires de service de chaque catégorie de personnel

– cadrage des conseils de classe du 3e trimestre et des procédures d’orientation des élèves. Il s’agit de ne pas laisser la main au seul chef d’établissement sur ce point, même avec un 3e trimestre très particulier, cadrage de la procédure de choix d’enseignement de spécialité  au lycée…

Quelle qu’en soit la date, le retour en classe ne pourra se faire comme si de rien n’était. Une réflexion sur le sens de cette reprise s’impose : il ne s’agit pas de combler le 3e trimestre ou de « rattraper » ce qui n’a pu être fait ; il ne s’agit pas non plus de procéder à une course à l’évaluation pour « avoir des notes à mettre sur les bulletins ». Il est important que les inégalités criantes, exacerbées par la « continuité pédagogique numérique », ne soient pas à nouveau renforcées lors de la reprise des enseignements en présentiel.

Demain :

 Pour le SNES-FSU, si l’on veut combattre les effets dramatiques du confinement, un plan d’urgence s’impose pour la rentrée de septembre (moyens, aménagement des programmes etc.). Cette demande du Snes au Ministre est restée sans réponse. Pire, les moyens que le Ministère avait gardé sous le coude, en ce qui concerne les lycées, n’ont pas été redistribués à ce jour. D’où l’on voit que la lutte contre les inégalités n’est qu’un vulgaire alibi !

Demain, il nous faudra redoubler de vigilance pour faire que l’exception ne devienne pas la règle, pour que les conditions vécues comme un pis-aller à la gestion de la crise ne deviennent pas, aux yeux du ministre, des panacées ! Il en est ainsi de la pratique du contrôle continu, de la formation en distanciel !

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